Voici venu le temps des mesures. Le fameux Grenelle de l’environnement, dont on nous a tant parlé, vient enfin de rendre ses conclusions. Et l’automobiliste, désigné comme l’un des principaux émetteurs de gaz à effet de serre, de souffler un bon coup. Car non, ce Grenelle de l’environnement n’a pas remis en cause le monde de l’automobile. Il l’a simplement placé dans l’objectif du gouvernement en matière de politique environnementale.
La première conséquence est donc la création d’une éco-pastille qui verra le jour en 2008. Le fonctionnement de cette nouvelle taxe verte reste encore assez flou : il s’agit en fait d’inciter les personnes à acheter une voiture écologique en leur faisant bénéficier d’une réduction financée par le malus annuel des voitures les plus polluantes. En d’autres termes, on taxe les acheteurs de voitures polluantes afin de reverser un crédit d’impôt aux propriétaires de véhicules propres ! Une décision qui devrait plaire aux constructeurs français puisque PSA a déclaré dernièrement que les deux tiers de la pollution automobile provenaient des voitures de plus de quinze ans…
Taxe verte : les routiers voient rouge
La seconde disposition prise par les participants du Grenelle ne risque pas, par contre, d’obtenir les faveurs de certains professionnels de l’industrie routière. Partants du constat que les poids-lourds représentent la quasi-totalité des émissions du transport de marchandises en France, les groupes de travail se sont mis d’accord pour que les camions payent dorénavant une écoredevance kilométrique. Ce projet avait déjà provoqué une levée de boucliers chez les transporteurs routiers, dont la TLF (Fédération Transport et Logistique de France) qui a menacé d’installer ses entreprises dans les pays frontaliers et de recruter des chauffeurs étrangers. De son côté, Nicolas Sarkozy s'est fixé pour objectif une part de 25% de fret non-routier dans 15 ans. Jean-Louis Borloo, quant à lui, a annoncé le gel des constructions d’autoroutes afin de mettre un terme aux camions de transit international. Le ministre de l’Ecologie a aussi précisé que l'écoredevance a été adoptée sur le réseau routier national, et non sur les autoroutes, et que la baisse de 10 Km/h de la vitesse sur tout le réseau routier a été abandonnée. L’occasion pour le gouvernement de se faire bien voir puisqu’un récent sondage Ifop montrait que seuls 39% des Français étaient favorables à cette idée… Pour réduire la pollution routière, les Français rejettent d’ailleurs en masse les mesures astreignantes -comme le péage urbain ou une hausse des taxes sur les produits pétroliers- mais acceptent plus volontiers la taxation… des poids lourds !
Dans la lutte contre le réchauffement climatique, le gouvernement français voudrait en 15 ans réduire de 20% les émissions de CO2. Pour arriver à un tel résultat, d’autres Grenelles de l’environnement sont donc à prévoir. Le secteur de l’automobile devra encore retenir son souffle.
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25 octobre 2007
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